AUX MAINS DE SAINTE-CROIX

Le Père Camille Lefebvre

Le 3 septembre 1863, le Très Révérend Père Basile Moreau, fondateur et supérieur général de la Congrégation de Sainte-Croix, adressait au père Lefebvre, alors au collège de Saint-Laurent, à Montréal, une lettre l'invitant à se dévouer à une cure en Acadie et à assurer une fondation très importante. II s'agissait de relever l'oeuvre du collège commencé par l'abbé LaFrance. Celui qu'on devait surnommer l'apôtre de l'Acadie arrive à Memramcook le 7 juin 1864 et il prend immédiatement la direction de la paroisse et de ses missions. Le 10 octobre, réouverture du collège sous le vocable de saint Joseph. L'année suivante on commence la construction du presbytère actuel en pierre de taille, et Monseigneur Sweeney bénit la première cloche de l'église.

Des religieuses à Memramcook

C'est en 1871 que les Soeurs de la Charité fondèrent à Memramcook le couvent Notre-Dame-du-Sacré-Coeur. Depuis 1924 ce couvent est devenu la maison-mère des Soeurs de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur, "essaim français" des Soeurs de la Charité. La même année, le père Lefebvre fait installer dans l'église l'orgue de marque Laurillard qui existe encore.

C'est aussi à Memramcook que prit naissance en 1880 la communauté des Petites Soeurs de la Sainte-Famille, fondation du père Lefebvre et d'une religieuse de Sainte-Croix, Mère Marie-Léonie, originaire comme lui de Saint-Philippe de Laprairie, P.Q. Destinées d'abord au service de la cuisine, de l'infirmerie et de la buanderie du collège, elles se répandirent bientôt dans presque tous les collèges de la province de Québec, dans plusieurs évêchés, même aux États-Unis et à Rome.

Mère Marie-Léonie
églises de Memramcook

Première convention générale des Acadiens

C'est à Memramcook, les 20 et 21 juillet 1881, que se tinrent les assises de la première convention générale des Acadiens. A cette occasion la T.S. Vierge, "dans sa glorieuse Assomption", fut choisie et proclamée patronne des Acadiens. Le premier jour Monseigneur Sweeney bénit deux autres cloches pour l'église, une de 1400 1ivres et une autre de 550; avec celle de 800 livres, bénite en 1865, l'accord était parfait. Ce fut le premier carillon de la province. Comme le notait le Moniteur acadien, commentant les fêtes de la convention: "La cloche de Grande-Pré sonna la dispersion ... Les cloches de Memramcook sonnent le ralliement". Ces cloches centenaires ont appelé les paroissiens à la prière tant et tant de fois. Dernièrement on s'est rendu compte qu'elles avaient besoin de réparation. Les paroissiens en ont profité pour électrifier leur sonnerie et s'en servir plus souvent aux évênements liturgiques. C'est un projet des paroissiens à l'occasion du bicentenaire. De 1889 a 1894, les principaux événements paroissiaux à noter furent l'érection de la confrérie du T.S. Rosaire en 1889, la première messe dans la chapelle du cimetière en 1890, la première procession au cimetière le jour de la fête de sainte Anne en 1893.

Les vicaires du Père Lefebvre

Les vicaires du Père Lefebvre

Le Père Camille Lefebvre a consacré 31 ans de sa vie en Acadie, de 1864 à 1895. Toutes ces années, il a exercé les doubles fonctions de supérieur du collège et de curé de la paroisse, et même supérieur provincial de 1871 à 1880. Durant toutes ces années des confrères de Sainte-Croix desservaient avec lui la paroisse et les missions. Ces religieux de Sainte-Croix sont nombreux, mais ceux qui ont passé le plus de temps et de services à la paroisse sont les Pères J.-B. Bazoge, c.s.c. (1864-1896), Edouard Labbé (1873-85; 1893-1916), L.-J. O. Lecours (1874 à 1896), et Alfred Roy qui succèdera au Père Lefebvre.

Mort du Père Lefebvre

 
Obsèques du P. Lefebvre

Le père Lefebvre mourut subitement le 28 janvier 1895, à l'âge de 64 ans. II emportait dans la tombe l'affection et les regrets de tous ses paroissiens et de tout le peuple acadien. Jusqu'à récemment encore nos plus anciens paroissiens parlaient avec vénération du "bon père Lefebvre". La photo nous montre les obsèques du P. Lefebvre dans l'église St-Thomas; en même temps on aperçoit les détails du sanctuaire de l'église avant son agrandissement.

Le Père Alfred Roy

Le successeur du père Lefebvre était bien connu des paroissiens de Memramcook; il avait travaillé au milieu d'eux de 1875 à 1892. Depuis cette date, il était supérieur du collège de Saint-Laurent. Comme son prédécesseur, le père Roy exerça les doubles fonctions de supérieur du collège et de curé de la paroisse jusqu'en 1904. A cette époque le père Amédée Guy fut nommé supérieur du collège et le père Roy demeura curé jusqu'en 1918. Durant ces années il fut surtout assisté des Pères Lecours, Labbé et du Père Hypolite LeBlanc, un fils de la paroisse (1912-19).

Père Alfred Roy

Projet d'agrandir l'église

L'église achevée en 1847 devenait trop étroite pour la population sans cesse croissante de la vallée; on prévit qu'il faudrait l'agrandir dans un avenir assez rapproché. C'est pourquoi en 1896 les syndics fondèrent une caisse en prévision des travaux futurs. Cette caisse eut tant de succès qu'en 1934 elle renfermait la jolie somme de 65,000 $.

Notre-Dame de Lourdes

L'agrandissement projeté à l'église put être retardé d'une quarantaine d'années par la construction de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Memramcook-est, à cinq milles de Saint-Joseph. Les travaux commencèrent en 1898; le 29 juin de l'année suivante, le père Roy chantait le première grand'messe dans cette ravissante petite église aux lignes ogivales, dont la blancheur se détache si bien, sur le haut de la colline.

En 1910, on érigea, d'après !es plans de l'architecte Fréchet de Moncton, le calvaire actuel du cimetière.

Premier évêque acadien à Memramcook

En août 1912, Monseigneur Edouard LeBlanc ancien élève de l'Université et premier évêque acadien fut sacré à Saint-Jean. Son Excellence vint célébrer sa première messe pontificale dans l'église Saint-Thomas de Memramcook.

A l'automne 1918, la paroisse fut cruellement éprouvée par une terrible épidémie d'influenza (grippe espagnole); rares furent les familles qui n'eurent pas à déplorer la mort de quelques-uns de leurs membres. Les registres paroissiaux mentionnent 36 morts en octobre seulement. Nos paroissiens aînés se souviennent avec émotion du dévouement particulier du "bon Père LeRoy" comme on l'appelait; il allait chercher les morts seul aux maison.

Nouveau curé : Le Père Benjamin Levacalier

Père Benjamin Lecavalier

Le Père Roy, en quittant la paroisse St-Thomas, le 24 novembre 1918, avait désigné comme son successeur le Père Benjamin Lecavalier, supérieur du collège depuis 1910. Celui-ci demeurera au poste jusqu'en 1927.

Les Pères Hypolite LeBlanc, Fiset, Dollard Morel, Honoré Lapointe et Pierre-Paul Dufour furent vicaires du temps du Père Lecavalier.

Vicaires du Père Lecavalier

Depuis 1864, la plupart des missions dépendant de Memramcook étaient devenues autonomes, à mesure qu'augmentait le nombre des prêtres diocésains. Saint-Thomas n'en restait pas moins une des paroisses les plus importantes des Maritimes. Elle comptait une population de 3558 âmes réparties en 653 familles; 2800 communiants; 18 districts scolaires dont trois doubles: soit 21 écoles, plus l'Université et le couvent du Sacré-Coeur.

Le P.N. Papineau succéda au Père Benjamin Lecavalier en 1927. Malade, il n'occupa le poste activement que quelques mois. Ce fut le Père Alfred Roy, devenu assistant du supérieur général depuis 1926, qui vint le remplacer à la cure pour terminer l'année.

Premier curé acadien : P. Dismas LeBlanc 1928-34

Père Dismas LeBlanc et ses vicaires

En 1928, le Père Dismas LeBlanc, c.s.c., natif de College Bridge et supérieur au collège, fut nommé curé; il occupa ce poste jusqu'en 1934. C'est sous sa direction que furent commencées les deux églises de Saint-Thomas et de Pré-d'en-Haut. Ses vicaires: les Pères Honoré Lapointe, Wa!ter Gendreau, Joseph St-Martin et Joseph Fiset.

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